Nous avons interrogé le responsable de l'association Pujili, prête à nous accueillir en Equateur. Nous sommes en train de réfléchir avec elle sur les missions que nous pourrons mener là-bas. Afin que que vous puissiez suivre notre projet au plus près et son évolution, nous vous faisons part de ses réponses.

1. D'abord pouvez-vous vous présenter?

Je m'appelle Daniel, j'ai 51 ans, je suis officier dans la police judiciaire fédérale à Liège en Belgique, j'ai une compagne enseignante maternelle et nous avons deux filles de 25 et 23 ans. J'aime les voyages et la découverte d'autres cultures.

2. Quel est le nom de votre association ?

L'association s'appelle Pujilí, du nom d'une ville d'Equateur où elle développe principalement ses activités.

3. Pourquoi l'avoir créée? Quel est son but?

J'ai commencé par parrainer un enfant en Equateur via une organisation qui s'appelle Plan International. Ensuite, j'ai été amené à aider l'école que fréquentait mon filleul, en même temps que d'autres filleuls venaient agrandir la famille. Afin de consolider et développer mon action, j'ai créé avec des membres de ma famille et des amis une association sans but lucratif (En France, association loi de 1901) ; cela permet de donner plus de garanties légales et de transparence à des donateurs éventuels. Sur le terrain, nous collaborons toujours avec Plan International qui, par exemple, nous prête du matériel audiovisuel.

Le but de l'association Pujilí est de favoriser une meilleure connaissance mutuelle entre nos pays et les pays d'Amérique latine, et spécialement de donner aux jeunes sud-américains de milieux pauvres, un meilleur accès à l'enseignement et de meilleures conditions pour s'instruire. Il faut savoir que là-bas, dans les milieux moins favorisés, les enfants arrêtent l'école très jeunes pour travailler, en particulier les filles ; même ceux qui vont à l'école doivent en plus s'occuper du bétail ou des travaux agricoles et ménagers.

Si vous désirez plus de détails, cliquez-ici pour visiter le site (où notre projet est évoqué).

4. Pourquoi avoir choisi l'Equateur ?

En 1998, suite à un échange d'étudiants, ma fille Adeline (NDLR : pas la même que la nôtre!!) est partie un an étudier en Equateur. Je suis allé lui rendre visite, j'ai commencé à visiter le pays et je suis tombé « amoureux » de la forêt amazonienne. J'y suis donc retourné ; au total cela me fait déjà sept voyages en Equateur. Je m'y suis fait des amis, j'ai aussi parrainé des enfants dans des communautés indigènes (J'ai maintenant quatre filleuls) et les circonstances ont fait que j'ai décidé d'aider le collège où deux de mes filleuls suivaient des cours.

5. Quels sont les besoins de la population équatorienne?

Je crois que la première chose est le respect ; on a souvent tendance à considérer ces populations comme sous-développées alors qu'elles disposent d'une culture et de traditions très riches. Plus terre-à-terre, en Equateur, une grosse partie de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté parce que souvent exploitée. Les changements incessants de gouvernement, la culture politicienne et la corruption ne favorisent pas la stabilité et le développement de l'économie. Les premiers besoins sont primaires, c'est-à-dire manger, avoir l'accès à un enseignement de qualité et avoir des possibilités de développement. La participation au commerce équitable est par exemple un bon moyen de les aider. La collaboration à des projets concrets développés en accord avec les populations locales en est un autre.

6. Que pensez-vous de notre initiative, notre projet ?

Je pense que c'est un bon moyen d'apprendre à s'organiser, à développer des initiatives pour en arriver à se rendre compte des réalités d'autres parties du monde. Je crois qu'au retour, vous aurez une vision beaucoup plus ouverte du monde et que vous sortirez enrichis de cette aventure.

7. Quels sont vos différents projets pour cette année et pour les années à venir?

En mai, je retourne en Equateur, j'y organise avec les professeurs et des amis, l'excursion de fin d'année du collège. Avec des professeurs de Pujilí et un groupe local de jeunes, nous aimerions développer l'idée d'y accueillir des groupes de jeunes pour favoriser les échanges interculturels et une meilleure connaissance réciproque (Au fond, c'est vous qui nous en avez donné l'idée - Merci). Je dois aussi mettre sur pied une association de droit équatorien afin de faciliter la collaboration sur place avec des ONG. A moyen terme, j'espère pouvoir contribuer à l'amélioration d'enseignement dans le collège qui compte 260 enfants de 5 à 16 ans dans des locaux surchargés et en mauvais état. Cette école, fréquentée à 90 % par des jeunes de milieux ruraux défavorisés, reçoit très peu d'aide des pouvoirs publics.

8. Quelle aide concrète pourrons-nous vous apporter? Comment pourrons-nous vous aider?

Votre présence est déjà un point positif car c'est une marque d'intérêt pour les élèves de l'établissement. Dans ces contrées, l'enfant est souvent considéré comme une force de travail. L'attention qui lui est portée par des étrangers venus lui rendre visite augmente son statut familial et lui donne une meilleure place dans la famille.

Vous pouvez par exemple apporter des médicaments, des objets utiles en milieu scolaire (cahiers, crayons, etc.), des vêtements, etc.

Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi collaborer à l'action de l'association. Avec l'argent récolté en 2005, nous avons payé les frais scolaires de trois enfants, offert l'excursion à tout le collège de Pujilí, acheté 4 ordinateurs et les utilitaires, organisé des cours d'éducation familiale et sexuelle avec la collaboration de Plan International. Ces cours sont indispensables dans ces contrées où les parents ne font pas toujours l'éducation sexuelle des enfants, où les notions de contraception sont fort vagues, où les jeunes filles qui souvent n'ont pas l'occasion de dépasser l'école primaire obligatoire se retrouvent rapidement mères de famille à quatorze ans dans des circonstances difficiles, où un enfant qui n'a pas de père légitime est considéré comme un enfant de seconde zone. Le premier but de ces cours est d'aider les professeurs et les parents à aborder le sujet.

Nous espérons pouvoir continuer à pouvoir développer notre aide à l'école.

9. Est-ce que votre association aide d'autres pays d'Amérique Latine que l'Equateur?

Quoique les statuts de l'association le prévoient, la réponse est non actuellement pour une simple raison financière : nous préférons développer un projet concret que de saupoudrer de l'argent à gauche et à droite sans résultat valable. Je passe aussi régulièrement au Pérou et en Bolivie et il y a des possibilités là-bas mais il faut savoir que la corruption y est endémique, donc pour créer quelque chose et éviter que l'argent ne se dilapide, il faut y disposer d'amis sur lesquels on peut compter et qui ont le temps de se dévouer bénévolement.

10. Quelle question pourrions-nous avoir oublié de vous poser?...

Des tas...et je suppose qu'elles viendront plus tard. A vous de les découvrir et de me les poser.